
Difficultés à dire non à Bordeaux : pourquoi c'est si coûteux

Renaud Borderie
Bordeaux · Bordeaux
Quand le « non » reste coincé dans la gorge
Vous avez dit « oui » alors que tout en vous disait « non ». Le cœur qui s'accélère avant de répondre, la gorge serrée, les phrases qui se bousculent. Puis, une fois la conversation terminée, l'agacement, parfois contre l'autre, plus souvent contre vous-même.
Si cela vous parle, sachez que c'est une expérience très répandue. Nous la rencontrons régulièrement au cabinet, à Bordeaux comme ailleurs, aussi bien dans la vie professionnelle (un dossier de plus, une réunion tardive) que dans la sphère privée (famille, amis, couple).
Ce que vivent concrètement ceux qui n'y arrivent pas
Selon les personnes, cela peut prendre plusieurs visages :
- La peur de blesser : l'idée que votre refus fera de la peine à l'autre.
- La crainte de décevoir : l'impression de ne plus être à la hauteur de ce qu'on attend de vous.
- La peur d'être rejeté : le sentiment que le lien pourrait se fragiliser, voire se rompre.
- Le besoin de se justifier longuement : un simple refus semble insuffisant, il faut le défendre.
- Une fatigue qui s'installe : des engagements qui s'accumulent et laissent peu de place pour soi.
Pourquoi c'est si coûteux
Dire oui par défaut peut contribuer à un agenda saturé, à moins de temps pour soi et à une rancœur discrète qui s'installe. Certaines personnes décrivent aussi le sentiment de ne pas être tout à fait elles-mêmes dans leurs relations.
Pour beaucoup, le « non » est vécu comme une menace pour le lien. D'où vient cette sensation ? Les histoires personnelles sont très variées, et il n'existe pas d'explication unique. C'est justement ce qu'il peut être utile d'explorer, à votre rythme.
Dire non à une demande n'est pas dire non à la personne. Mais lorsque l'anxiété est forte, cette nuance est parfois très difficile à ressentir.
Un exercice simple pour essayer un petit « non »
Il ne s'agit pas de vous transformer du jour au lendemain. Certaines personnes trouvent utile de commencer par des situations à faible enjeu, pour observer ce qui se passe en elles. Voici une proposition à tester, à titre purement informatif.
Le petit non en trois temps
- Poser le corps (environ 1 minute). Asseyez-vous ou tenez-vous debout, les pieds bien appuyés au sol. Inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
- Gagner du temps. Entraînez-vous à dire à voix haute : « Je vais y réfléchir, je reviens vers vous. » Répétez la phrase 3 fois, lentement, en relâchant les épaules à chaque fois.
- Choisir une situation à faible enjeu. Un démarchage téléphonique, une invitation à laquelle vous n'avez pas envie d'aller, un café proposé que vous ne souhaitez pas. Essayez une formulation courte, sans justification : « Merci, ce ne sera pas possible pour moi. »
Après coup, prenez 30 secondes pour noter ce que vous avez observé : où l'inconfort s'est-il manifesté dans le corps ? Quelles pensées sont apparues ? Qu'a réellement répondu l'autre personne ?
Ce que nous observons en accompagnement
Lorsque nous rencontrons une personne qui peine à dire non, nous prenons d'abord le temps d'écouter : dans quelles situations cela se produit, avec qui, et ce qui s'éveille à ce moment-là (sensations, pensées, images). Cette exploration permet souvent de mettre des mots sur un vécu resté confus.
Nous ne cherchons pas à vous faire changer à tout prix. L'accompagnement peut simplement vous aider à mieux comprendre votre manière d'entrer en relation et à envisager, si vous le souhaitez, d'autres façons de vous positionner.
Cet exercice ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Si l'anxiété ressentie est très forte, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel.
Quand consulter ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre que la situation devienne insupportable pour demander de l'aide. Vous pouvez envisager de consulter si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :
- Vous acceptez régulièrement des demandes alors que vous aviez prévu de refuser.
- La simple idée de dire non provoque de l'anxiété, une boule au ventre ou des ruminations.
- Vous évitez certaines personnes ou certaines conversations par crainte de devoir refuser.
- Vous vous sentez épuisé par des engagements que vous n'avez pas vraiment choisis.
- Vous avez peur que vos proches s'éloignent si vous exprimez vos limites.
À Bordeaux, nous vous proposons un espace d'écoute sans jugement pour explorer ce vécu, à votre rythme. Si vous traversez une détresse importante, ou si des symptômes physiques vous inquiètent, il est recommandé de consulter en parallèle un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié.
Prendre contact est déjà une manière de vous accorder de l'attention. Nous serons heureux d'échanger avec vous.


